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Actypoles-Thiers : objectif zéro chômeur, tous coopérateurs !

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06 Avril 2018

Le 31 mars 2017, c’est une entreprise d’un genre particulier qui voyait le jour à Thiers : Actypoles, une Scic (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) inscrite dans le dispositif d’Etat « Territoire zéro chômeur », une expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée proposant des activités allant des espaces verts à l’aide à la personne, en passant par la mobilité ou le garage solidaire. De 29 salariés à sa création, elle emploie aujourd’hui 46 personnes, et espère atteindre 80 d’ici la fin 2018.

« Le choix de la Scic a été l’aboutissement logique du projet que nous portions tous ensemble », raconte Laure Descoubes, la directrice d’Actypoles-Thiers. Ce projet, celui de la création d’une Entreprise à but d’Emploi sur deux quartiers prioritaires de Thiers, ils ont été une trentaine à le porter durant quelques mois d’une grande intensité, entre le printemps et l’été 2017. Un projet ambitieux, audacieux, dans lequel tous se sont beaucoup investis. « Dans les mois précédant la signature des premiers contrats de travail le 1er mai, on a demandé une grande implication aux personnes privées d’emploi, en les faisant travailler sur le type d’activités qu’ils souhaitaient développer et l’identification des activités manquantes sur le territoire, mais aussi sur la création de l’activité en tant que telle, avec toute la complexité juridique, financière et administrative que cela induit. » Choisir le statut coopératif a donc été une évidence, afin que les salariés puissent continuer à être parties prenantes de la vie de l’entreprise.

Si ce n’est pas toujours évident pour les salariés-associés de jongler entre leurs deux casquettes, tous manifestent une appétence à apprendre à devenir coopérateur. « Après les premiers mois de démarrage, on s’est rendu compte qu’on avait omis d’insister sur le rôle du salarié, dans le statut de salarié-associé. On a donc mis en place un accompagnement sur-mesure avec l’Union régionale des Scop, qui intervient régulièrement pour former les nouveaux salariés et reclarifier les principes de la gouvernance et du management dans une coopérative », poursuit-elle.

Au quotidien, la Scic a mis en place différentes instances qui permettent à chacun de s’approprier l’entreprise, dans une construction collective : « On questionne régulièrement les salariés sur leur travail au quotidien comme sur le développement de l’entreprise. Tous les lundis matin, on se rassemble, tous les 46, autour d’un café, pour échanger sur des questions d’organisation du quotidien, comme le nombre de places de parking qu’il va falloir augmenter, par exemple. » Tous les vendredis, ce sont les salariés référents des neuf pôles de l’entreprise qui se retrouvent pour échanger sur les chantiers passés et ceux à venir, et faire émerger de nouvelles idées pour animer leur organisation. « Cela permet de les aider à gagner en autonomie sur leurs postes, mais également à mieux relayer les initiatives auprès du reste des salariés, puisqu’ils sont eux-mêmes impliqués dans les prises de décision. »

La Scic a également organisé des élections sans candidats pour élire 10 salariés « relais » (2 médiateurs, 4 salariés pour le comité de coordination et 4 salariés en charge de commissions thématiques) : « Sans ce mode de scrutin participatif, certaines personnes élues n’auraient jamais osé se porter candidates ! », raconte encore Laure Descoubes.

Deux nouvelles activités se développent actuellement : une première autour de la fabrication de couches lavables, et la seconde sur la rénovation (ponçage, peinture) de meubles, en partenariat avec Emmaüs et le Secours Populaire.

La Scic vise la création de 30 à 35 nouveaux emplois d’ici fin 2018, en conformité avec les objectifs du dispositif « Territoire zéro chômeur ». « Il faut toutefois ne pas chercher à aller trop vite », souligne Laure Descoubes, « pour laisser le temps aux salariés, qui ont longtemps été éloignés du marché de l’emploi, de s’approprier l’entreprise, son fonctionnement, ses enjeux, et de trouver leur place au sein de la Scic. C’est le meilleur gage de stabilité que nous pouvons donner à Actypoles-Thiers pour pérenniser l’activité. »