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Croissance externe chez Probesys, les logiciels libres ont le vent en poupe

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18 Décembre 2019

Voilà déjà 2 ans que la Scop grenobloise de logiciels libres Probesys a racheté Troizaire, entreprise installée à Nice. Un développement réfléchi en cohérence avec ses valeurs coopératives. C’est l’heure du bilan d’étape.

Logiciels libres et la coopération, une cohérence

Un Master 2 Informatique en poche, un 1er pas dans le marché de l’emploi, mais surtout un engagement pour le logiciel libre, voilà l’histoire de 3 potes de promo grenoblois qui décident de s’associer en Scop. Leur idée ? Développer une offre de services autour des logiciels libres Open Source, alors secteur émergeant. Le choix du statut Scop est avant tout une question de cohérence entre le développement collaboratif de logiciels qu’ils prônent et leur mode de fonctionnement, une cohérence qui les a menés 16 ans plus tard à être reconnus pour leur expertise, et ce avec plus de 200 clients… et une croissance externe !

La croissance externe, « un travail sur nous-même »

« On y avait pensé plusieurs fois, mais cette fois-ci c’est du concret » raconte Yann Picot, responsable pôle développement web, en évoquant le rachat de Troizaire en 2017, société niçoise éditrice de logiciels de gestion intégrés pour les entreprises. Voilà déjà 2 ans que l’entreprise a intégré le groupement coopératif de Probesys, mais l’affaire n’a été pas été si simple. Des questions, elle en a soulevé : l’équipe souhaite-elle une croissance externe ? Est-ce vraiment intéressant pour Probesys ? Et, surtout, comment inclure une 2nde entreprise dans un projet global, un projet avant tout coopératif ?

3 salariés en 2003, 20 aujourd’hui, une telle croissance suppose une organisation différente, sans pour autant enlever ce brin de liberté qui fait la spécialité de Probesys. Groupes de travail inter-structures, pôles et responsables, les règles coopératives ont été le fruit de longues réflexions et le bilan d’étape est de bonne augure. Au-delà de la viabilité économique, qui est le minimum pour une situation stable, les bénéfices de cette croissance externe ont concerné les deux sociétés : gestion de projet partagée, échanges de pratiques et de savoir-faire techniques, mutualisation de moyens, ces 2 années montrent un bilan économiquement et humainement positif. Mais cela ne s’est pas fait du jour au lendemain.

« La confiance se gagne »

« 2 ans, c’est bref pour tout comprendre », nous explique l’équipe de Troizaire, en visioconférence. Il est vrai que pour cette entreprise au fonctionnement « classique », la transformation n’a pas été facile, mais tous les salarié·e·s se sont rapidement engagés activement dans le projet, dans cette « part d’inconnu ». La gérante quitte l’entreprise, un repreneur grenoblois arrive, il a fallu gagner la confiance des salarié·e·s et surmonter leurs inquiétudes. Et puis, quel est le rôle d’un salarié·associé ? Que signifie racheter des parts sociales ? « Je ne pensais pas m’investir dans une entreprise » remarque un des salariés de Troizaire. « Le statut Scop nous est tombé dessus ». Pour cela, Probesys et Troizaire ont été accompagné par l’Union régionale des Scop et, 2 ans plus tard, s’il reste du chemin, l’équipe niçoise apprécie cette implication nouvelle, l’engagement plus fort du salarié au sein de l’entreprise. « La confiance se gagne » précise Cyril Zorman, gérant. D’ailleurs, un projet de week-end – disons un séminaire – est en cours pour réunir et créer du lien entre les équipes.

Évoluer dans nos métiers

Consolider la structure, réaliser une croissance externe, créer de l’emploi, c’est aussi une manière d’évoluer dans leurs métiers. Chacun peut imaginer se projeter autrement au sein de Probesys ou Troizaire, ce qui n’aurait pas été possible dans une société de 3 salariés. Engager des forces supplémentaires donne par exemple la possibilité aux salariés actuels de réduire leur temps de travail à 80% pour se consacrer à d’autres projets personnels ou professionnels, comme une activité d’accompagnateur en moyenne montagne… Quoi de plus cohérent qu’un vent de liberté dans une société de logiciels libres ?