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Entre Dessica et BTI, après l'union, une culture commune à construire

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09 Octobre 2019

La Scop Dessica réalise une croissance externe et acquiert BTI. Un rapprochement qui devrait bénéficier aux deux entreprises. Une culture coopérative commune reste cependant à développer.

Le 13 décembre 2018, la Scop Dessica, spécialiste des techniques de l’air sec et de ses applications industrielles, devient la maison mère des établissements Bernard & Cie, rebaptisés BTI (Bernard Tôlerie Industrielle). Spécialisée dans tous les types de travaux de tôlerie fine et réalisant des pièces mécano-soudées, BTI rentre donc sous le giron d’une société coopérative et amorce sa propre transformation.

Vivre ensemble

Ces deux entreprises se trouvent à 5 kilomètres de distance. Pourtant, la rencontre n’allait pas forcément de soi. D’un côté, Dessica, société coopérative qui connait un beau succès depuis la reprise en Scop par ses salariés en 2012, suite au départ à la retraite de son fondateur. Une réussite matérialisée par l’augmentation de ses effectifs, passés de 8 à 20 associés, tous très impliqués dans le projet de co-entrepreneuriat. De l’autre, BTI, entreprise « classique », dont le dirigeant part à la retraite en 2018. Après le rachat par Dessica, le fonctionnement en Scop tout à fait nouveau, reste à découvrir. « Il est important, quand on fait de la croissance externe, de se dire qu’on va faire se rencontrer deux cultures d’entreprises qui se sont construites de manières différentes et que c’est un vrai enjeu de les faire converger, explique Patrick Charrondière. Ce n’est pas forcément spécifique aux Scop, mais pour qu’un vrai groupe coopératif se construise, un des enjeux, c’est vraiment qu’il y ait une réflexion commune sur la culture des entreprises. » Une difficulté souvent minorée lors du rapprochement des entreprises. Heureusement, des formations « Parcours associé » sont proposées par l’Union régionale des Scop.

Une mutualisation stratégique cohérente

L’intégration de BTI va permettre au nouveau groupe coopératif de maîtriser toute la chaine : de l’approvisionnement à la livraison. Un positionnement cohérent et stratégique pour Dessica, comme l’explique son dirigeant : « Nous n’avions pas d’outil de production et quelques difficultés avec nos sous-traitants. Après plusieurs années de bons résultats et une bonne assise financière, nous avons recherché une entreprise de tôlerie à acquérir, pour maitriser notre outil de production et développer encore plus de produits. Bernard & Cie a une taille beaucoup plus importante que ce que l’on souhaitait au départ. Mais c’était un de nos sous-traitants et elle se situe à 5 kilomètres de chez nous. »

Devenir acteur et sociétaire de son entreprise

Liévin Iraguha, spécialiste de croissance externe de l’Union régionale des Scop, a accompagné pendant 6 mois la négociation de cette transmission d’entreprise. : « Dessica avait l’ambition forte de créer à terme un groupe coopératif. Les sujets de développement et de croissance externe sont abordés depuis longtemps dans ses assemblées générales. C’est donc l’aboutissement d’un processus de réflexion de longue haleine. » Il a utilisé l’outil Transméa pour financer ce rachat de l’entreprise par ses salariés : « Transméa a permis de faire effet de levier pour compléter l’apport des salariés et obtenir un prêt bancaire qui soit convenable, pour un financement optimal. » En effet, cette société de capital-investissement dédiée à la reprise d’entreprises par les salariés apporte un accompagnement et un financement adaptés.

Un climat de confiance

Un outil qui permet de travailler dans un climat de confiance, poursuit Liévin Iraguha : « Contrairement à ce qui peut se passer dans le cadre de rachats d’entreprises où les salariés sont informés à la dernière minute, ici ils ont été prévenus bien en amont, avec la volonté qu’ils soient partie prenante. Ils ont également la possibilité de s’impliquer directement en devenant acteur et sociétaire, à côté du repreneur. » En effet, si Dessica détient la majorité du capital, ainsi que la majorité du droit de vote pour une période de 10 ans, les salariés de BTI conservent le principe « 1 associé = 1 voix ». « L’objectif à terme est d’impliquer le maximum de salariés de BTI », développe Liévin Iraguha, « car au moment de la reprise, tous n’ont pas pu s’associer, les choses étant allées vite ».

Dessica, un repreneur solide

Un chemin reste à parcourir pour que cette acquisition soit assimilée de part et d’autre. Mais avec cette reprise par Dessica, les salariés de BTI évitent déjà une reprise par un concurrent ou un fonds, qui pourrait fermer le site et délocaliser les emplois ailleurs. Dessica est un repreneur sérieux, assurant le maintien, la sauvegarde de l’emploi de BTI sur le territoire, dans locaux actuels. Cette dernière, en devenant une filiale, va également bénéficier d’investissements et par conséquent une croissance de sa production. Enfin, sa communication, qui fonctionnait au bouche à oreille, sera enrichie d’un site internet et d’outils de communication spécifiques.
Dessica prouve ainsi qu’un groupe coopératif peut être solide et tourné vers l’avenir.

dessica>> En savoir + sur les projets accompagnés par Transméa : www.transmea.coop