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La recherche se penche sur vos Scop

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05 Juillet 2019

10 chercheurs et chercheuses, 6 coopératives, de l’eau pour braver la canicule, c’était la journée d’études « Scop et Scic : les sens de la coopération » tenue ce vendredi 28 juin, à la Maison des Sciences de l’Homme-Alpes à Grenoble.

Voilà déjà 3 ans que la recherche se penche sur vos coopératives avec le programme de recherche « Coop-in-and-out » , coordonné par Hervé Charmettant ! Coopérer, un terme en apparence si simple et pourtant… la coopération n’a pas le même sens pour tous les acteurs, ni pour toutes les coopératives.

 Une journée illustrée en direct par l’artiste Lison Bernet

 

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A la table, des Scop et Scic participantes au programme sont intervenues pour témoigner, expliquer leur vision de la coopération, leur engagement, mais aussi les obstacles et inquiétudes rencontrées. Des coopératives grenobloises – Alma, L’Equytable, Le Café des Voisines, Semawe –  mais pas que ! La Haute-Savoie et l’Ardèche étaient également représentées avec  SET Corporation et Ardelaine.

« L’utopie fait démarrer la caravane »

raconte Ardelaine, Scop installée en Ardèche et spécialiste dans le traitement de la laine (de la tonte à la production). Au début, on nous prenait pour « Les rigolos ardéchois ». « J’ai fait philo, maintenant je suis dans la laine… mais n’importe quoi ! » (Rires). En 1975, les 5 fondateurs se lancent dans un projet téméraire : reconstruire la filière laine en Ardèche et redonner un élan à Saint-Pierreville, village de 430 habitants. Une manière d’aller à l’encontre des logiques d’exode rural, une manière de montrer que, oui, en Ardèche, on peut aussi entreprendre. Dans ce type de cas, le « risque », c’est de « décrocher de la société », se replier dans son projet. Mais pas ici ! 36 ans et une cinquantaine de salarié·e·s plus tard, Ardelaine a su gagner progressivement la confiance des habitants et des éleveurs, une réussite économique et humaine.

Elle illustre le titre de ce programme de recherche « Coop-in-and-out » : « In » pour la coopération entre salarié·e·s, le lien qui les unit, le dialogue ; « Out » pour la relation avec les acteurs extérieurs et la société. Meriem Fradj l’explique avec simplicité : la force dynamique de l’entreprise a un impact d’intérêt général par ses salarié·e·s, qui sont également citoyen·ne·s. L’entreprise ne se réduit pas au privé, mais, par son impact environnemental, social, humain, c’est une réelle « affaire publique ».

La coopération, « un état d’esprit »

 Au-delà des statuts, la coopération, c’est un « état d’esprit » entre coopérateurs et coopératrices, mais qu’en est-il de la coopération avec les autres acteurs et structures ? Est-ce un frein ou un facilitateur ? La réponse est multiple, selon s’il s’agit d’un client, fournisseur, ou encore d’un candidat pour un recrutement. Pour SET Corporation, le statut Scop n’est pas un argument de vente mais, en revanche, il rassure le client une fois la relation instaurée. Il donne confiance, voire rend admiratif, précise Ardelaine. Et les fournisseurs ? Aucune différence selon Ardelaine. Il ne s’agit là que d’exemples qui ne sont pas la règle, la situation peut varier selon les coopératives et parties prenantes, mais pose plus largement la question de la relation entre les coopératives et les territoires.

« Le territoire ne se décrète pas mais se construit »

Nous l’avons vu avec Ardelaine, de l’utopie à la confiance, les relations actuelles avec les habitants, éleveurs, clients… sont le fruit d’un travail sur le long terme ; le territoire n’est pas inné. Pour alimenter le débat, sont intervenues Le Café des Voisines, L’Equytable et Semaweb. La clientèle du Café est uniquement basé sur l’agglomération grenobloise, ce qui est également le cas pour L’Equytable, et la raison est logique. Café-jeux-restaurant avec des produits locaux, de saison, et bio, l’ancrage limité à Grenoble est une question de cohérence environnementale, tout comme L’Equytable (Distribution de paniers de saison et locaux). Cette dernière vise ainsi à tisser du lien entre le monde rural, la montagne, et le monde urbain, tout en considérant les populations défavorisées qui n’ont pas accès à des produits sains à prix abordables.

Chez Semawe, agence de communication et de formation coopérative, la problématique est sensiblement différente, même si sa clientèle est d’abord grenobloise. Mais le maillage territorial reste essentiel avec notamment la monnaie locale Cairn, ainsi qu’une forte présence dans les réseaux Économie Sociale et Solidaire, et même plus. Une question s’est posée : faut-il intervenir uniquement dans les milieux ESS, sociaux, « convertis », ou faut-il tenter de convertir et essaimer ailleurs ? Question ouverte.

La relation entre la coopérative et le territoire, un sujet dense, et jamais figé, alors que les rapports aux territoires fluctuent sans cesse. Une journée dense, aussi, merci à l’équipe de recherche pour la présentation de leurs travaux, et aux coopératives pour leurs implications et interventions.

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