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Union Régionale des SCOP & SCIC Auvergne-Rhône-Alpes

Actualité

22 Octobre 2012

"Les salariés de SET font figure de symbole"

 

Guy Babolat est également PDG de la Scop BourgeoisPar Guy Babolat, Président de l’Union Régionale des Scop Rhône-Alpes

Au-delà de quelques dossiers médiatiques, l’actualité met parfois en lumière des entreprises qui illustrent bien les problèmes qui sont les nôtres en matière de défense de nos emplois industriels et de « redressement productif ». C’est le cas actuellement de la société SET (Smart Equipment Technology), une PME, Leader mondial des équipements d’assemblage pour capteurs à Infrarouges (qui servent par exemple à la fabrication de suivi de trajectoire de missiles) basée à St Jeoire en Haute-Savoie et qui, mise en difficulté par son actionnaire américano-suédois, a été placée en redressement judiciaire.

En effet, SET, fait aujourd’hui l’objet de deux offres de reprise qui ont été présentées au Tribunal de Commerce d’Annecy.

La première émane de ses salariés qui, forts de leur capacité d’innovation, de leur savoir-faire et de leur connaissance de la clientèle ont décidé de prendre leur destin en main et d’entreprendre en proposant un projet de reprise en SCOP. Ils le font bien sûr pour pérenniser leurs emplois, mais aussi pour garantir leur indépendance. Leur initiative permettrait donc de préserver ainsi une technologie stratégique en France, enjeu qui visiblement laisse de marbre les grands groupes industriels français.

La deuxième offre, elle, vient d’un groupe américano-singapourien, via une filiale suisse installée dans un « paradis fiscal », qui motive son intérêt en expliquant que la technologie de SET est essentielle à son développement. Il faut préciser que ce groupe avait racheté en 2006, une autre entreprise « technologique » dont elle a rapidement transféré la R&D et délocalisé la production, supprimant au passage 225 emplois sur 260. Lors de l’audience du Tribunal du 2 Octobre, il a par ailleurs refusé par principe de prendre tout engagement sur la sauvegarde des emplois à terme. Un tel engagement étant de toute façon de pure forme car quasiment impossible à faire exécuter.

Si on ajoute que les salariés de SET ont réussi le tour de force de réunir autour de leur projet de reprise en SCOP un confortable tour de table financier de quelques 6 millions d’euros on en conclut presque naturellement qu’il y a là une formidable opportunité de conserver en France un savoir-faire industriel rare et ses emplois. Opportunité qui de plus, faut-il le rappeler, ne fait appel à aucun denier public.

Le Tribunal d’Annecy  a reporté sa décision au 23 Octobre. Les salariés n’ont pas compris les motifs de ce report et restent déterminés à faire valoir leur légitimité et le bien fondé de leur démarche. De ce point de vue ils font déjà figure de symbole : symbole des voies que peuvent ouvrir la reprise d’entreprise par les salariés, symbole de la défense du savoir-faire industriel français et de la sauvegarde des emplois.

Quelle que soit, demain, la décision définitive du Tribunal, SET et le combat de ses salariés nous imposent d’ores et déjà un constat : la France ne  pourra pas gagner la bataille du « redressement productif », c’est-à-dire du maintien et du développement de savoir-faire industriel en France, et donc de l’emploi sans que s’exprime, à tous les niveaux, un minimum de solidarité nationale autour de ceux qui ont un savoir-faire et le défendent,  ceux qui, refusant la fatalité de la défaite, font le choix d’entreprendre.

Le point sur le dossier SET

 

 

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