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Union Régionale des SCOP & SCIC Auvergne-Rhône-Alpes

Actualité

15 Octobre 2012

Quand la Scop affronte la multinationale

 

Article initialement paru dans La Tribune Hebdo du 12 Octobre 2012

Leader mondial des capteurs à infrarouges, SET risque de passer dans le giron d’un groupe américano-singapourien. A moins que le projet de Scop des salariés ne l’emporte à la barre du tribunal de commerce.

Depuis la rentrée, le temps est suspendu pour les 42 salariés de SET (Smart Equipment Technology). Cette PME basée à Saint-Jeoire (Haute- Savoie) attend le verdict du tribunal de commerce d’Annecy pour être fixée sur son sort. Placée en redressement judiciaire au mois d’avril, la société, considérée par la préfecture comme un dossier stratégique, voit s’affronter deux projets de reprise aux antipodes l’un de l’autre. Le premier émane d’un groupe américano-singapourien, KnS, qui emploie environ 3 OOO salariés dans le monde. Le second, baptisé SET Corporation, est un projet de société coopérative et participative (Scop) porté par 37 salariés de la société, afin de conserver le savoir-faire en France

Le dossier s’avère sensible Car SET conçoit et fabrique des machines d’hybridation de puces, qui permettent de souder avec une précision inférieure au micron des composants fragiles et de petites tailles. Elle se hisse même au rang de leader mondial pour les capteurs à infrarouges. Le tout pour des laboratoires de recherche, dont le CEA Leti à Grenoble, mais également pour des fournisseurs du Ministère de la Défense.

Michel Rohart, président de l’Union Régionale des Sociétés Coopératives (Urscop), qui a accompagné les salariés dans leur montage, voit en KnS un groupe « essentiellement préoccupé par la rentabilité financière » Et de rappeler que ce groupe n’a pris des engagements sur l’emploi que pour une durée de trois ans «Au-delà, nous n’avons aucune certitude sur le maintien du savoir-faire en France. »

UN TOUR DE TABLE À 3 MILLIONS D’EUROS

Alexandre Moulin, commissaire au redressement productif en Rhône-Alpes, s’étonne de ces critiques : « Nous avons travaillé pour l’amélioration des offres et n’avons pas identifié d’éléments majeurs posant un problème avec l’une d’entre elles. De manière objective et d’après les éléments en notre possession, il n’est pas du tout incohérent pour KnS de maintenir, loin de ses grands centres de décision, des activités de développement de produits et de production de quelques dizaines de machines par an »

Pour autant, Alexandre Moulin juge le projet de Scop « bien capitalisé et cohérent du point de vue de la stratégie ». De fait, le projet peut d’ores et déjà s’appuyer sur un tour de table consolidé de 3 millions d’euros, incluant un apport de 500 000 euros du grand emprunt.

KnS, qui a apporté des améliorations de son offre a la dernière minute, provoquant pour la deuxième fois un report du jugement du tribunal, se refuse à communiquer

La décision du tribunal est attendue pour le 23 octobre.

Paul Turenne

 

 

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