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Union Régionale des SCOP & SCIC Auvergne-Rhône-Alpes

Interview

19 Octobre 2018

En quoi le management coopératif préfigure l’entreprise du XXIe siècle ?

Des principes au cœur du management coopératif

Les Scop sont depuis toujours régies par des règles fortes de gouvernance : les relations entre sociétaires sont solidaires, démocratiques, équitables.

Ces valeurs se traduisent statutairement en principes de fonctionnement. Le premier de ces principes est la propriété collective de l’outil de travail. Il n’y a pas un dirigeant propriétaire majoritaire, c’est une logique de copropriété où l’on est propriétaire de l’outil de travail avec les autres, on doit en prendre soin collectivement. Le deuxième principe est la démocratie : dans la relation entre sociétaires on pratique la règle 1 associé = 1 voix. Et on a pour finir le principe d’équité dans la répartition des richesses créées.

Parler de management coopératif renvoie à une approche plus large de l’entreprise : comment ces valeurs de gouvernance qui régulent les relations entre sociétaires vont largement inspirer le système de management qui régit les relations sociales au sein de la coopérative employeur ?  Dans ce domaine, il n’y a pas de règles statutaires mais différentes cultures d’entreprises. Il y a donc énormément d’expérimentations et de pratiques pour entreprendre … et manager autrement. Derrière cette diversité, on peut néanmoins dégager des points communs formant un ensemble cohérent, qui permet de parler de management coopératif.

 

Un modèle cohérent qui essaime

Historiquement les coopératives sont souvent opposées à un système dominant, capitaliste, qui a ses propres codes de management. Mais aujourd’hui, on parle de plus en plus de coopération dans les entreprises dites classiques, elles cherchent à sortir de la logique pyramidale qui a montré ses limites dans un monde économique beaucoup plus imprévisible, la question de la subordination est aussi beaucoup plus questionnée et on demande toujours plus d’autonomie au salarié, qui de son côté exige du sens à son travail.

Le Mouvement des entreprises dites libérées, symbolise ce mouvement de fond. Il est toutefois agréable de constater que beaucoup d’innovation managériales mises en place aujourd’hui par ces entreprises rejoignent ce qui est expérimenté dans le mouvement coopératif ….depuis un siècle et demi ! De fait, on constate dans les coopératives : une hiérarchie plutôt réduite qui  favorise la confiance dans celui qui fait (plutôt qu’une dissociation sachant / exécutant), plus de polyvalence, un système participatif où les gens concernés par une décision sont codécideurs. On retrouve aussi l’importance de travailler régulièrement sur le projet commun qu’on appelle la vision en entreprise libérée.

Toutefois les sociétés coopératives vont plus loin que de la simple innovation managériale puisqu’elles posent aussi la question de la propriété de l’entreprise (collectivement détenue par ses salariés), c’est un tout. D’ailleurs, on observe que certaines entreprises libérées vont jusqu’au bout de la logique et se transforment en coopérative pour gagner en cohérence sur l’équité de propriété de l’entreprise et  le partage des richesses ainsi créées, cela devient comme un aboutissement de cette mutation managériale.

 

Isabelle Jorge,

Facilitatrice en intelligence collective,

Union régionale des Scop

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