Communiqué presse
Les crises politiques, économiques et environnementales nous obligent à repenser le rapport de l’humain au monde. Depuis 140 ans, le mouvement des entreprises coopératives bâtit des solutions économiques et sociales robustes et solidaires aux quatre coins de la région, participant à la construction d’un horizon désirable pour chacune et chacun. À l’occasion de son Congrès régional le 20 novembre, l’Union régionale des Scop et Scic d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui fédère 779 entreprises dans la région, présente ses ambitions pour les quatre prochaines années.
Un réseau en croissance continue
Avec 779 entreprises coopératives, 11 810 emplois et plus de 1,1 milliard de chiffre d’affaires généré, le mouvement des entreprises coopératives d’Auvergne-Rhône-Alpes forme un réseau solidement ancré sur le territoire et contribue pleinement à la vitalité économique de la région.
Avec la tenue le 20 novembre de son Congrès régional, l’heure est au bilan : entre 2021 et 2024, l’Union régionale des Scop et Scic AURA a accompagné la création de 204 nouvelles entreprises coopératives, générant 1 383 emplois.
La majorité d’entre elles (47 %) sont des créations ex-nihilo, pour lesquelles les entrepreneur·es ont fait le choix du collectif et de la redistribution équitable des richesses dès le lancement de leur projet entrepreneurial.
Viennent ensuite les transmissions et transformations d’entreprises (46 %), qui constituent des solutions solides et pertinentes pour assurer la pérennité d'une entreprise ou d’une association, en préservant l'ancrage local, les emplois et les savoir-faire, tout en assurant une transition progressive et la continuité de l'activité et des valeurs de l'entreprise.
À la marge (6 %), la solution coopérative est intervenue dans le cadre de reprises d’entreprises en difficulté, comme ce fut le cas dans la Loire pour l’entreprise de services à la personnes Pléiades en 2023 et l’imprimerie Morassuti en 2024, le journal Le Crestois dans la Drôme en 2023, ou encore le laboratoire Cosmetosource en Haute-Loire en 2024.
Une croissance continue que l’on retrouve à l’échelle nationale : en 5 ans, l’ensemble du Mouvement s’est développé de 19 % (soit + 674 coopératives).
Une ambition : soutenir le développement d’entreprises robustes Des entreprises qui incarnent les transitions aux quatre coins de la région AURA
Les chiffres le prouvent : les entreprises coopératives parviennent à combiner ambition sociale et soutenabilité économique sans sacrifier l’une au profit de l’autre, puisqu’en 2024, leur taux de pérennité à 3 ans est de 88 % (contre 82 % pour les entreprises classiques) et à 5 ans de 79 % (contre 61 % pour les entreprises classiques).
À l’occasion de l’Année internationale des Coopératives 2025, Ariel Guarco, président de l’Alliance coopérative internationale, le rappelait avec justesse : « les coopératives sont de puissantes forces de justice sociale, prouvant que la réussite économique et le bien-être collectif peuvent aller de pair. »
Cyril Zorman, gérant de la Scop grenobloise Probesys et président de l’Union régionale des Scop et Scic AURA, abonde dans le même sens :
« Dans cette période où l’on parle beaucoup de la question de la justice sociale et du patrimoine professionnel, les Scop et les Scic apparaissent plus que jamais comme l’outil idéal pour porter cette dynamique de transformation sociale à laquelle nous aspirons.
Notre ambition pour les quatre prochaines années est clairement de faire connaître plus largement le modèle coopératif et de le rendre accessible pour permettre à un public encore plus large d’en bénéficier, tout en continuant par ailleurs d’accompagner le développement et la croissance des entreprises de notre réseau. »
Des entreprises qui incarnent les transitions aux quatre coins de la région AURA
Lors de son Congrès du 20 novembre, le mouvement coopératif en AURA présentera la feuille de route nationale sur laquelle seront invitées à s’exprimer en mars 2026 les 4 500 Scop et Scic que compte le réseau en France.
Parmi les trois grands axes de son texte d’orientation, celui des transitions tient une large place. Qu’elles soient démocratique, sociale ou écologique, celles-ci s’incarnent dans l’ADN des entreprises coopératives. La dimension participative qu’elles offrent dépasse en effet largement la seule question de la participation des salarié·es. De façon croissante, par leurs finalités et leurs modalités, notamment en matière de gouvernance, elles intègrent un engagement social et environnemental au cœur de leur stratégie.
Découvrez quelques exemples d’entreprises qui contribuent dès à présent à dessiner un autre modèle de société, aux quatre coins de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
🔎 Focus sur quelques entreprises coopératives d’AURA engagées dans les transitions
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Atelier Emmaüs, Scic, 17 salarié·es, 42 associé·es, Villeurbanne (69)
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Éditrice de mobilier et menuiserie d'agencement à Vaulx-en-Velin -69), la Scic, issue de la transformation en 2024 d’une association créée sept ans plus tôt, œuvre avec passion pour une société inclusive et économe en ressources naturelles. 88 tonnes de matériaux ont ainsi été sauvés de la benne depuis 2017. À l’Atelier Emmaüs, l’initiation à la fabrication est ouverte aux plus fragiles. Des designers engagés et artisans passionnés y sont les éléments de cadre, les références et les maillons d’une chaîne qui en accueille d’autres : les artisans-apprenant. En plein développement, la Scic réalise 20% de croissance par an. Ils ont par ailleurs levé près de 400 000 € cette année auprès de business Angels.
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Alma, Scop, 186 salarié·es, Saint-Martin-d’Hères (38)
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Fondée en 1979 par des chercheurs de l'université de Grenoble pour commercialiser des algorithmes d'optimisation de processus industriels, Alma n'a cessé de se diversifier depuis 45 ans. Avec ses 20 M€ de chiffre d’affaires et ses 186 salarié·es (dans le groupe), la Scop est devenue leader dans l’édition de solutions de CFAO pour la découpe, et est aussi impliquée dans le secteur de la santé, de la qualité et les prestations de services numériques. Très ancrée sur son territoire, elle est une référence en France et à l’international sur plusieurs de ses métiers. Alma est détenue à 100 % par ses salarié·es et a instauré des pratiques originales en matière d’organisation et de participation. Forte de ses valeurs coopératives, Alma cherche à concilier développement économique pérenne et épanouissement des personnes, en ayant à cœur de contribuer à une économie citoyenne et soucieuse de l'environnement. Ainsi, considérant que la performance d’une entreprise ne se lit pas à travers les seuls indicateurs économiques et financiers, Alma a mis en place des indicateurs complémentaires, structurés autour des quatre piliers qui fondent la "citoyenneté économique" : vie démocratique ; répartition de la valeur créée et pérennité de l’entreprise ; épanouissement et émancipation des salariés ; contribution citoyenne, sociale et environnementale.
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Combrailles durables, Scic, 1 salariée, 388 associé·es, Loubeyrat (63)
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Depuis sa création il y a 15 ans, la coopérative Combrailles Durables fait de la transition une action concrète. Depuis la première installation sur le toit d’une école en 2010, la coopérative compte aujourd’hui une vingtaine de centrales solaires en toitures. L’expérience acquise permet désormais à Combrailles Durables de se tourner vers des centrales photovoltaïques au sol, et sur des terrains en friche. Une approche qui donne une seconde vie à des espaces non-investis et de la valeur aux petites communes rurales. Depuis 2022, un partenariat noué avec la coopérative Enercoop Auvergne-Rhône-Alpes a fait naître quatre projet dans le Puy-de-Dôme. Ce qui définit Combrailles Durables est aussi et avant tout sa richesse humaine, où les membres partages un même enthousiasme de se réapproprier la transition énergétique localement. Car elle permet aux territoires une meilleure acceptabilité, d’assurer des vraies retombées économiques locales et de rester adaptée aux environnements où elle installe ses parcs solaires.
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Dessica, Scop, 34 salarié·es, Trévoux (01)
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Dessica est devenue au fil des ans un groupe coopératif industriel incontournable sur le territoire. Fondée en 1999, avec l’ambition de devenir un acteur de référence sur le marché du séchage et de la déshumidification de l’air pour les industriels, l’entreprise a adopté en 2012 le statut Scop.
En 2018, la stabilité financière de la structure a permis le rachat de la tôlerie Bernard, une société centenaire spécialisée dans la découpe laser, le poinçonnage, le pliage, la soudure, et l’assemblage. Puis fin 2024, elle rachète Schermesser Electric Systems, spécialiste en électricité industrielle et automatisme, et en octobre 2025, la société de dépollution d’air AirCovery. Le groupe Dessica-BTI se développe avec des axes stratégiques basés sur la qualité et l’innovation et une culture d’entreprise visant l’autonomie et la responsabilité des collaborateurs. Il n’a cessé de se développer en passant de 10 salarié·es en 2012 à plus de 50 salarié·es aujourd’hui. Le groupe coopératif représente 6 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. Convaincu que les entreprises doivent jouer un rôle fondamental face aux défis sociétaux et environnementaux, le groupe Dessica-BTI repositionne son modèle vers des pratiques innovantes, porteuses d’impacts positifs et durables, pour aligner sa croissance avec l’intérêt général. Depuis 2022, sa stratégie de responsabilité sociétale s’oriente vers un modèle économique circulaire avec des impacts sociaux et environnementaux significatifs : relocalisation de la production, éco-conception, participation à la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC), mais aussi des gestes concrets comme le recyclage des déchets, le compostage, l’isolation des bâtiments et l’installation de panneaux solaires.
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Bâti-Nature, Scop, 20 salarié·es, Chatuzange Le Goubet (26)
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La Scop Bâti-Nature, créée en 2006 et transmise à ses salarié·es en 2018, est spécialisée dans la performance énergétique. Si Bâti-Nature est un si bel exemple de pérennité, c'est pour plusieurs raisons. D'une part, une triple activité qui diversifie les revenus : construction paille, rénovation globale biosourcée, pose et maintenance photovoltaïque. Des savoir-faire complémentaires qui sécurisent l’activité. D'autre part, une maîtrise complète : du bureau d’études à la pose, en passant par la préfabrication en atelier. Étude structurelle, modélisation 3D, fabrication des murs ossature bois, caissons de toiture, planchers… Tout est internalisé. Enfin, des moyens techniques adaptés : atelier, espace de stockage, transport, levage, sécurité. L’investissement dans l’outil de production, favorisé par le modèle Scop, porte ses fruits. Bâti-Nature incarne une coopérative qui peut et qui sait se développer dans un secteur technique exigeant, investir dans des moyens de production conséquents, diversifier son activité et surtout tenir dans la durée ! La transmission aux salarié·es en 2018 n’a pas freiné son développement. Au contraire : la gouvernance collective a permis d’ancrer la stratégie dans le temps long et de prendre des décisions cohérentes avec les valeurs de l’entreprise et de l'équipe.
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CNTSA, Scop, 3 salarié·es, Villeurbanne (69)
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En développant des services de logistiques fluviaux, la jeune Scop, créée en 2023, entend contribuer pleinement à la transition écologique et sociale. La Coopérative de Navigation de Transports et Services Associés développe son activité fluviale dans un cadre innovant de fonctionnement collectif, en réponse aux défis économiques et écologiques, à travers des solutions concrètes, durables et efficaces pour permettre la manutention personnalisée et le transport fluvial des marchandises. Elle présente une alternative au tout route en proposant une solution de livraison au cœur des villes et de manutention permettant la cohabitation des usages des espaces bords à voie d’eau : points de chargements en périphérie de métropole lyonnaise, optimisation des flux existants, décarbonation, ou encore co-construction avec ses partenaires du service de logistique urbaine fluviale « Parlo », qui permettra la mise en place d’un service régulier de distribution urbaine fluviale optimisée des marchandises sur la métropole lyonnaise et ses territoires proches, élargi à l’ensemble du bassin Rhône Saône. Une première opération en tant que commissionnaire de transport doit avoir lieu le 2 décembre, sous réserve de bonnes conditions climatiques, depuis Tain l’Hermitage jusqu’au Quai Augagneur à Lyon.