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Le supermarché alternatif ALPAR rayonne en Haute-Savoie

16 04 2019

Consommer mieux et moins cher, c’est possible ! La démonstration nous vient de Haute-Savoie, où une épicerie coopérative et participative, innovante et ambitieuse, rassemble 300 coopératrices et coopérateurs… Qui rêvent déjà à de nouveaux projets.

supermarché alpar haute-savoie

 

La méthode fait ses preuves à New-York depuis plus de 40 ans. Le deal ? En échange de 3 heures de travail par mois dans le magasin et de l’achat de parts sociales, vous avez le droit de faire vos courses sur place.

Un supermarché démocratique

C’est sur cette idée qu’ALPAR (pour ALimentation PARticipative) est née il y a 2 ans à Meythet, ville voisine d’Annecy. Avec l’aide de subventions publiques locales, régionales et européennes, de mécénat, de dons et d’emprunts bancaires souscrits avec le soutien de la BPI (Banque Publique d'Investissement), elle devient rapidement un succès, puisque le projet d’épicerie alternative voit le jour au bout d’un an seulement. Après 6 mois d’exploitation, tous les feux sont au vert et les finances permettront bientôt d’embaucher le premier salarié.

Pas à pas, la coopérative valide chacun de ses objectifs et se permet même de rêver à d’autres projets. Un parcours exemplaire que retrace Flavien Roux, président d’ALPAR : « Au début, on est parti sur un projet d’association. Nos groupes de travail ont réfléchi à la création du supermarché coopératif. Un an plus tard, on a ouvert le premier groupement d’achat, dans un petit local de 30 mètres carrés, où les coopérateurs pouvaient venir récupérer leur panier commandé en ligne, dans le style d’une AMAP. Et puis on a ouvert l’épicerie en octobre, avec 180 mètres carrés au total, dont 100 mètres carrés de vente.  Pour faire cela, on est passé en SAS, sous forme de coopérative loi 1901. »

Vendre avec une marge minimum

Nourrie par ses débats, la coopérative sait identifier les besoins de ses coopérateurs et propose un large choix de produits répartis sur 3 gammes : du bio, du local et des petits prix, pour les petits budgets. « On arrive à avoir des prix moins chers qu’en grande distribution ou qu’en magasin bio pour une bonne partie de nos ventes, explique Flavien Roux. Par contre, sur tout ce qui est produits d’appels, on reste encore un peu au-dessus de la grande distribution. On n’a pas les volumes pour être compétitifs pour l’instant et avoir des prix attractifs au niveau des achats. Aujourd’hui, on applique une marge fixe de 20% par rapport au prix TTC sur tous nos produits. Mais on discute actuellement sur la possibilité d’appliquer des marges plus basses sur des produits de base, pour pouvoir être compétitifs sur cette gamme-là. » Une évolution qui pourrait permettre aux étudiants, dont Annecy est un bassin, de rejoindre plus largement la coopérative, eux qui peinent déjà à débourser les parts sociales, à 100€.

Un lieu de vie

L’épicerie ALPAR, ce n’est pas qu’un magasin. C’est en plus un lieu de vie, un endroit d’échange et de partage où se rencontrent les 300 coopérateurs pour prendre un café, se restaurer et échanger lors d’évènements liés à l'alimentation, à l’économie sociale et solidaire, ou au développement durable. Des réunions d'information se tiennent à 18h tous les 1ers vendredis du mois. Mais avec 10 à 20 coopérateurs mensuels de plus, risque-t-il de devenir rapidement trop petit ?  « On estime que la limite de notre local actuel tourne autour de 500 coopérateurs. Mais on ne l’exploite pas encore à 100%. En l’optimisant, on peut facilement passer de 1200 produits à la vente à 2000, ou 2200. Après il faudra grandir et chercher un autre lieu. On ne sait pas si l’on y arrivera, mais l’objectif serait d’ouvrir un supermarché de 1200 mètres carrés. »

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