En 2025, l'entreprenariat a continué d'attirer. L'année dernière, le cap du million de créations d'entreprises individuelles a été franchi, dont près de 70% sous le statut de micro-entrepreneur (source : Insee 2024).
Une dynamique qui traduit les aspirations profondes de l'époque - notamment autonomie et quête de sens - mais qui s'accompagne aussi de nouvelles fragilités, telles que l'isolement, la précarité économique et l'absence de cadre protecteur. Face à ces enjeux, les coopératives d’activité et d’emploi (CAE) apportent une réponse concrète, combinant liberté d’entreprendre et sécurité du salariat.
Elles permettent d’oser se lancer sans être seul, d’expérimenter un projet dans la sécurité d’un statut salarié, tout en conservant l’autonomie nécessaire pour développer son activité. En Auvergne-Rhône-Alpes, ce modèle constitue aujourd’hui un levier majeur d’inclusion, de création d’emplois et de dynamisme économique local.
Un modèle en expansion
Aujourd’hui, le modèle coopératif est pleinement reconnu et soutenu à l’échelle européenne. La Commission européenne a inscrit les coopératives parmi les piliers de son Plan d’action pour l’économie sociale (SEAP), qui vise à promouvoir des formes d’entrepreneuriat plus inclusives, résilientes et durables. Les coopératives sont identifiées par l’Union européenne comme des acteurs essentiels de l’innovation sociale, de la transition écologique et de la création d’emplois de qualité.
Dans cet élan, les CAE se sont ainsi largement développées partout en France. En 2024, on en compte 163, rassemblant 11 469 entrepreneurs, pour un chiffre d’affaires cumulé de 318 millions d’euros. Elles couvrent une grande diversité de secteurs : multi-activités, bâtiment, agriculture et environnement, services à la personne, culture, numérique ou encore communication.
En Auvergne-Rhône-Alpes, le modèle coopératif affiche une remarquable dynamique avec plus de 30 CAE qui accompagnent chaque année plusieurs milliers d’entrepreneurs. Ces coopératives comme Oxalis, Appuy Créateurs, Elycoop, Cap Services, Cabestan, GRAP, Graines Sol, Natura Scop, Pollen, Solstice ou encore Amétis contribuent activement à la vitalité économique régionale et à l’ancrage territorial de l’entrepreneuriat. Elles s’adressent à un public très diversifié souhaitant concrétiser son projet entrepreneurial. Parmi les 465 nouveaux entrepreneurs accueillis en 2024 : 70 % étaient en recherche d’emploi, 26 % avaient moins de 29 ans ou plus de 55 ans, et tous les secteurs d’activité étaient représentés.

Les atouts de l'entrepreneuriat salarié
Les Coopératives d’Activité et d’Emploi (CAE) incarnent une autre manière de concevoir l’entreprise et l’entrepreneuriat. Elles réunissent la sécurité du salariat et l’autonomie du créateur, et apportent ainsi des bénéfices concrets aux individus, aux territoires et à la société.
- Sécurité et autonomie
Rejoindre une CAE, c’est se lancer sans être seul face aux incertitudes du travail indépendant. Le statut d’entrepreneur salarié donne accès aux droits sociaux liés au salariat – assurance chômage, retraite, congés payés. Cette sécurité Elle s’accompagne d’un accompagnement professionnel sur mesure : gestion administrative, comptable et juridique, suivi commercial, conseils stratégiques.
- Un ancrage fort dans les territoires
Les CAE participent activement à la vie économique locale. Elles créent des emplois non délocalisables, ancrés dans des secteurs de proximité comme le bâtiment, les services à la personne, l’artisanat, l’agriculture ou le numérique.
- Une réponse aux aspirations de la société
Les CAE répondent par ailleurs à certaines aspirations de notre époque, telles que l’inclusion, la résilience ou encore la transition écologique. Elles accueillent une grande diversité de profils jeunes diplômés, femmes entrepreneures, seniors en reconversion et favorisent une égalité réelle d’accès à l’entrepreneuriat.
« Entreprendre ne devrait jamais être un chemin solitaire. »
Sandrine Barrière, Présidente d'Appuy Créateurs et Administratrice Urscop
«Les coopératives d’activité et d’emploi (CAE) sont nées d’une conviction : créer une activité économique doit pouvoir se faire dans un cadre protecteur, collectif et solidaire. Face aux incertitudes de l’auto-entrepreneuriat, aux parcours souvent précaires et à l’isolement des créateurs, les CAE offrent une alternative. Elles permettent d’oser se lancer sans être seul, d’expérimenter un projet dans la sécurité d’un statut salarié, tout en conservant l’autonomie nécessaire pour développer son activité.
Depuis 30 ans, ce modèle s’est imposé comme une réponse moderne aux transformations du travail. Les CAE rassemblent aujourd’hui des milliers d’entrepreneurs aux profils divers – jeunes, femmes, personnes en reconversion, seniors, publics éloignés de l’emploi qui trouvent dans ces coopératives un lieu d’appui, de coopération et d’échange».
Stéphanie Pernod, 1ère Vice-Présidente déléguée à l’Economie, à la Relocalisation, à la Préférence Régionale et au Numérique
«Créer son entreprise est une aventure, un parcours exigeant qui demande du temps, des compétences et une forte résilience. En tant que premier financeur des porteurs de projets et des créateurs, la Région Auvergne-Rhône-Alpes mobilise d’importants moyens pour les accompagner.
Le soutien apporté aux Coopératives d’activités et d’emploi en est une illustration concrète, puisqu’elles offrent une solution innovante permettant d’entreprendre collectivement et de rompre l’isolement.»
Nicolas Daragon, Vice-Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes délégué aux Finances, à l’Administration Générale, aux Ressources Humaines et aux Fonds Européens
«La Région Auvergne-Rhône-Alpes a fait de l’accompagnement à la création-reprise d’entreprises une de ses priorités pour favoriser la création d’emplois sur son territoire. Avec l’aide de l’Europe et du Fonds Social Européen, la Région soutient l’entrepreneuriat pour assurer un accompagnement complet de l’entrepreneur à chaque étape de son projet. Le projet piloté par l’AGF SCOP Entreprises, qui s’inscrit dans le « Fonds Régional : Commerce Artisanat » 2023-2025 en est un bel exemple. Bénéficiant d’un soutien de 4,3 M€ de l’Europe et de 302 000 € de la Région, il offre une alternative innovante à la création d’entreprises individuelles, à travers les Coopératives d’Activité et d’Emploi, permettant aux porteurs de projets de tester leur activité avant de pérenniser leur initiative.»