Communiqué de presse
+ 20 % de nouvelles entreprises et + 37 % de chiffre d’affaires en 5 ans. Malgré un contexte politique et économique instable, le constat est clair : le modèle coopératif continue d’inspirer les entrepreneur·es de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de créer de l’emploi sur les territoires. Ainsi, le nombre total d’entreprises coopératives en AURA s’élève fin 2025 à 781 pour plus de 11 500 salarié·es.
Par ailleurs, avec un taux de pérennité de 89 % à 3 ans et 79 % à 5 ans, de plus de 10 points supérieur à la moyenne nationale, ce modèle prouve que démocratie en entreprise et performance économique, loin d’être incompatibles, sont en réalité un levier puissant pour les entreprises. De bons chiffres qui s’expliquent aussi par la croissance économique portée par les entreprises coopératives elles-mêmes.
Enfin, alors qu’est actuellement discuté le projet de loi Castellani sur la transmission-reprise aux salarié·es et déployé le plan « Objectif reprises » par le Ministère de l’Économie, l’Union régionale des Scop et Scic Auvergne-Rhône-Alpes poursuit sa stratégie de développement sur cet axe à fort enjeu. Pour preuve, 35 % des créations accompagnées en 2025 sont le fruit de transmissions/transformations en Scop et Scic.
37 nouvelles entreprises coopératives en AURA en 2025
Bien que l’année 2025 ait été marquée par un nombre record de défaillances d’entreprises en France, les Scop et Scic d’Auvergne-Rhône-Alpes poursuivent leur développement. L’an dernier, 37 nouvelles Scop et Scic ont été accompagnées par l’Union régionale des Scop et Scic (URSCOP),
de toutes tailles (de 2 à 50 salarié·es)
dans tous les secteurs (BTP, restauration, numérique, médico-social, logement ou encore conseil)
et sur tous les territoires, l’Isère et le Rhône restant les plus dynamiques, avec respectivement 12 et 11 créations
majoritairement dès le démarrage de l’activité (65 % sont des créations ex-nihilo)
Plus d’un quart des nouvelles coopératives dans le secteur de la construction
Un secteur d’activité se dégage toutefois nettement en 2025 : celui de la construction. Bureaux d’études, cabinets d’architecture, menuiserie et construction bois, plomberie ou encore maçonnerie… 27 % des Scop et Scic créées l’an dernier œuvrent dans ce secteur.
Un secteur chahuté et fragilisé, mais qui ne cesse d’innover, et dans lequel le modèle coopératif apparaît comme une force, notamment pour une nouvelle génération d’entrepreneur·es.
« Alors que la Fédération des Scop du BTP fête ses 80 ans, on constate une dynamique collective particulièrement forte dans la construction, corrélative à un renouvellement des dirigeant·es dans le secteur »,
analyse Hervé Lafarge, secrétaire général de la Fédération. « On note une tendance de fond, notamment dans les cabinets d’architecture et les bureaux d’études, d’un glissement de l’individuel vers le collectif. Et face une conjoncture économique difficile, le modèle coopératif apparaît comme un moyen de rompre l’isolement, par la force du collectif. »
Une croissance économique portée pas les coopératives elles-mêmes
Avec un chiffre d’affaires global de 1,1 milliard d’euros à fin 2025 (en augmentation de 37 % en 5 ans), les Scop et Scic d’Auvergne-Rhône-Alpes confirment leur développement et leur poids dans le paysage économique régional.
Cette croissance continue est significativement portée par les coopératives existantes, preuve de la robustesse du modèle, mais aussi de la pertinence de la stratégie engagée ces dernières années par l’URSCOP Auvergne-Rhône-Alpes : accompagnement renforcé, consolidation des collectifs, renforcement et mobilisation des outils financiers, et expertise spécifique à la croissance externe.
Ainsi, 233 emplois coopératifs ont été créés ces cinq dernières années dans le cadre de 26 opérations de croissance externe.
« Mûrement réfléchie ou résultant d'une opportunité, la croissance externe conduit à des avantages tant sur le plan stratégique, commercial, organisationnel que sur le plan temporel »,
explique Liévin Iraguha, responsable création-reprise-transmission et expert en croissance externe à l’URSCOP. « C’est une opération gagnant-gagnant qui permet à la fois de développer l'activité de la 1e entreprise et de sauvegarder les emplois et le savoir-faire de la 2e. Dans le contexte économique actuel, le modèle coopératif permet de rassurer et motiver les salarié·e·s de la société visée, qui ont souvent peur de voir leur emploi menacé. A un prix équivalent, la coopération fait la différence. »
La transmission aux salarié·es, axe stratégique de développement du Mouvement coopératif en AURA
Alors qu’est actuellement discuté le projet de loi Castellani sur la transmission-reprise aux salarié·es et déployé le plan « Objectif reprises » par le Ministère de l’Économie, l’Union régionale des Scop et Scic Auvergne-Rhône-Alpes poursuit sa stratégie de développement sur cet axe à fort enjeu. En Auvergne-Rhône-Alpes, plus de 60 000 entreprises devront être cédées dans les dix prochaines années : autant de savoir-faire et d’emplois locaux à préserver.
« La Scop doit être considérée comme une hypothèse crédible pour les cédant·es. Cette approche s’inscrit pleinement dans les réflexions récentes du Ministre autour des entreprises en cession »,
rappelle Meryem Yilmaz, co-déléguée générale de l’URSCOP. « La transmission reste un parcours complexe, encore trop peu anticipé : les dispositifs existent mais manquent de lisibilité et de coordination, et surtout, trop d’entreprises disparaissent faute de repreneur, alors même que les enjeux en matière d’emplois et de territoires sont majeurs. Dans ce contexte, la solution coopérative est encore trop souvent absente des réflexions initiales du ou de la cédant·e, alors même qu’elle peut cocher de nombreuses cases : assurer la pérennité de l’entreprise, préserver les emplois, garantir un ancrage territorial fort et donner du sens à la transmission. C’est pour cette raison que nous continuons de faire de la transmission aux salarié·es un levier de développement du modèle coopératif dans la région. »
🔎 Focus sur quelques nouvelles entreprises coopératives créées en 2025 en Auvergne-Rhône-Alpes
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Coconcept, Scop, transmission, 7 salarié·es, Échirolles (38)
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Agence d’architecture, d’ingénierie et de pilotage spécialisée dans la réhabilitation (notamment de bâti ancien), Coconcept est née de la volonté de croiser les regards et les expertises pour concevoir des projets aussi fonctionnels qu’harmonieux. La co-conception, comme son nom l’indique, est au cœur de la démarche de Coconcept. Un principe qui place la collaboration avec l’ensemble des parties prenantes au centre de chaque projet (partenaires, usager·ères…). La coopérative est le fruit d’une transmission d’entreprise réussie : les parts ont été reprises par les salarié·es, désormais pleinement impliqué·es dans leur outil de travail. Une transition qui permet d'assurer la continuité de l’activité tout en ouvrant la gouvernance. Dans cette dynamique, l’équipe s’engage aujourd’hui vers une organisation de plus en plus horizontale, avec la volonté d’impliquer chacun·e dans les décisions et de faire vivre une gouvernance réellement partagée.
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Coopérative funéraire de Lyon, Scic, transformation d’association, 2 salariés, 26 associé·es, Lyon (69)
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La Coopérative funéraire de Lyon part d'un constat simple : dans le moment du deuil, difficile de choisir ou parfois même de prendre le temps. Alors la coopérative propose de sortir de la logique commerciale, de remettre l'humain au centre et de réduire l’impact environnemental et financier des funérailles, en prenant le temps d'écouter, de conseiller et de co-construire les cérémonies avec les proches, tout en restant présente jusqu'au bout des démarches et du deuil qui les accompagne. Créée à l'origine par un collectif citoyen, la Scic est aujourd'hui composée d'une équipe salariée qui souhaite créer un service funéraire plus humain. Ce projet, socialement innovant, a été accompagné dans un premier temps par Alter’Incub AURA, l’incubateur d’innovation sociale de l’URSCOP AURA.
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Locaverre-Ma bouteille s'appelle reviens, Scic, transformation d’association, 18 salarié·es, 114 associé·es, Chabeuil (26)
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La Scic Locaverre – Ma bouteille s’appelle reviens offre un service de collecte et de lavage de bouteilles pour les producteurs de Drôme Ardèche. Pensée comme un outil de résilience territoriale, elle se donne des objectifs à la fois sociaux et environnementaux. L’idée est née en 2017 à l’initiative de producteurs de boissons, qui trouvaient dommage de vendre en circuits courts sans avoir de solution locale pour leurs contenants. Une association se constitue alors, autour de plusieurs objectifs complémentaires : promouvoir l’agriculture locale et les circuits courts, créer des emplois locaux dont des contrats d’insertion, réduire les déchets et les dépenses énergétiques liées au recyclage du verre. Pour déployer ce projet à une plus grande échelle, la Scic s’est associée avec une autre structure du réemploi, Revera, afin de mutualiser l’outil industriel. Elle a bouclé en 2025 une levée de fonds avec la Banque des Territoires, France Active, la Caisse d’Épargne, la Nef et l’URSCOP, dans l’objectif de se positionner comme un acteur de référence du lavage de bouteille sur le quart Sud-Est de la France, en offrant les standards de qualité élevés nécessaires à la structuration de la filière. Le développement de Locaverre s'inscrit aussi dans le cadre de la loi Agec qui valorise l'économie circulaire et la réduction des déchets. La Scic emploie 18 salarié·es dont une partie en insertion. En 2026, elle a lavé plus de 5 millions de bouteilles pour le quart Sud-Est de la France et coopère avec plus de 100 producteurs et points de collecte engagés.
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École collège lycée international Montessori, Scop, transformation, 8 salarié·es, Thonon-les-Bains (74)
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L'école collège lycée international Montessori de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, a été créée en 2016 sous format associatif par Marianne Gautier. Elle compte aujourd'hui entre 70 et 80 élèves selon les années, et dispense un enseignement basé sur la pédagogie Montessori. Dans un souci de pérennité, de partage de la valeur et d'implication des équipes, Marianne Gautier a décidé d'impulser la transformation en Scop, concrétisée en septembre 2025. L'équipe compte à présent 3 associé·es, sur les 8 salarié·es de l'établissement.
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L’Atelier des murs, Scop, création ex-nihilo, 6 salarié·es, Aigueperse (63)
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Six artisan·nes indépendant·es qui unissent leurs forces en créant une Scop pour travailler en collectif sur des projets de maçonnerie traditionnelle et éco-construction : c’est la belle histoire de la Scop L’Atelier des murs, à Aigueperse dans le Puy-de-Dôme. Alex, Guillaume, Julien, Claire, Aurélien et Christophe étaient réuni·es par des valeurs communes : restaurer l'ancien, utiliser des matériaux sains, et construire des maisons performantes. Avec la création de la Scop, ils et elle ont choisi de rassembler leurs savoir-faire et leurs expériences pour aller plus loin, échanger, faire évoluer leurs façons de travailler, accéder à des chantiers plus importants et réduire leurs délais d'intervention. Spécialisée dans la rénovation du bâti ancien, la Scop réalise également des constructions neuves, notamment les maisons en paille et en éco-construction.
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LaCabane, Scic, création ex-nihilo, 2 salarié·es, 104 associé·es, Champagnier (38)
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LaCabane, c’est bien plus qu’un lieu : c’est un projet porté par tout un collectif visant à redynamiser le village à Champagnier en Isère. Un espace de vie, de rencontres et d’échanges qui offre une alternative conviviale et responsable aux commerces traditionnels, et dans lequel on trouve une épicerie, un café, une petite restauration, des services de proximité et qui propose des animations. La Scic associe dans sa gouvernance plurielle les salarié·es de la structure, client·es de LaCabane, la commune de Champagnier et partenaires et soutiens extérieurs.
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Appuy Culture, Scop CAE, création ex-nihilo, 50 salarié·es, Clermont-Ferrand (63)
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Appuy Culture est une Scop CAE (Coopérative d’Activité et d’Emploi) qui accompagne des entrepreneur·es des métiers artistiques et culturels au développement de leur activité économique en Auvergne. Fondée en 2014 au sein de la CAE généraliste Appuy Créateurs, Appuy Culture est devenue fin 2025 une structure juridique autonome qui regroupe 50 entrepreneur·es des métiers artistiques et culturels. Son envol en tant que coopérative indépendante va emmener le collectif vers de nouveaux horizons, tout en poursuivant son engagement pour valoriser l’art et la culture sur le territoire auvergnat, et en continuant à questionner les organisations et les enjeux sociétaux.
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DENTOCARe, Scic, création ex-nihilo, 3 salarié·es, Caluire-et-Cuire (69)
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Rendre la santé bucco-dentaire accessible à tou·tes les résident·ess en EHPAD. Tel était le challenge du projet de soins bucco-dentaires mobiles initié par l’URPS Chirurgiens-Dentistes Auvergne-Rhône-Alpes. L’expérimentation, soutenue par de nombreux partenaires publics, a révélé depuis toute sa pertinence. Après avoir fait la preuve de son utilité sur le terrain, le projet de cabinets dentaires mobiles vient de changer de dimension. DENTOCARe poursuit désormais l’œuvre engagée en la dupliquant à l’échelle régionale. La Scic a pour ambition de pérenniser le concept et de le développer, à terme, à l’échelle nationale pour tous les publics fragiles et isolés.
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Gravyr, Scop, création ex-nihilo, 7 salarié·es, Lyon (69)
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Gravyr est une agence ESN basée à Lyon qui conçoit des expériences numériques performantes et innovantes. Elle a été créée par un développeur, une cheffe de projet et une designeuse qui travaillaient précédemment ensemble en agence, et qui ont décidé d’associer leurs compétences et de fonder leur propre structure sous la forme coopérative, convaincu·es qu’une agence tech peut aussi avoir des valeurs fortes : démocratie d'entreprise, partage équitable, et engagement collectif. Basée dans le 7e arrondissement de Lyon, la Scop a déjà recruté, compte aujourd’hui 7 salarié·es (avec l’objectif d’une dizaine d’ici fin 2026) et cumule plus de 15 ans d’expérience dans le métier.
📰 Les médias en parlent
- Lyon Entreprises : En Auvergne-Rhône-Alpes, les entreprises coopératives continuent de progresser
- L'Écho Drôme-Ardèche : Le modèle coopératif continue d'inspirer les entrepreneurs
- Le Faucigny : L'attractivité des Scop
- Éco Savoie Mont Blanc : Les entreprises coopératives ont la cote
- mais aussi dans La Montagne : Un modèle ancien mais plein d'avenirs